A lire extraits du recueil : "je parle si bas que seule la lumière peut m'entendre..."

 

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"Je parle si bas" a obtenu le er prix de la Principauté d'Orange en 2011:

 

Sous une chaleur d'orage
je boirai jusqu'au rivage
cette bière bleue qui mousse
contre la coque blonde et rousse
pour arriver à tes pieds
ivre d'un vent iodé
 
Déjà je tangue sur ton ventre qui respire
je suis ton enfant, je suis ton amant
posé au sommet de tes montagnes
plus hautes que celles qui règnent sur terre
 
Sous une chaleur d'orage
je boirai jusqu'au rivage
cette bière bleue qui danse
et je m'assoupirai au creux de tes yeux

 

 

Je tangue sur ton ventre qui respire

Je suis ton enfant, je suis ton amant

Je prendrais tes rêves et tes sentiments

La lumière est si noire sur ta peau

 

 

 

Nous n’attendrons plus à la porte du néant

Ce sauveur qui se nourrit de cendre

Prenant l’écume pour du sang

Et les ombres pour de l’or

 

L’œil énorme, démesuré, n’est plus que terreur

Alors qu’il devrait éclairer

Alternativement tous les univers

Phare qui n’éblouit jamais

Orientant toujours le cœur

 

Enfin à l’Orient !

La main ouverte sur le vent

Nous n’attendrons plus à la porte du néant !

 

 

Encerclé de blocs de marbre

Aussi haut que des falaises

J’ai rêvé dans ce cimetière

A des arbres si élégants et si fiers

Qu’ils me proposaient leurs troncs

Pour libérer mon pauvre front peuplé

De tant d’idées qu’il ne pouvait plus rien imaginer

 

L’embellie est-elle ce garçon

Qui lit avidement ses premiers mots

Comme s’il refaisait déjà le monde ?

 

Quelques goélands ont sorti

Leurs épées pour m’escorter

La mer est plus dure que du fer

Tous les liens se sont défaits

Je m’accroche à la ligne de vie

 

Pourtant le temps est serein :

La mer tricote ses vagues jusqu’à l’horizon

L’air brosse doucement la chevelure des nuages

A mes pieds les cendres de la nuit

Font encore quelques tourbillons

 

Le soleil a ouvert en grand toutes les fenêtres

Alors pourquoi ce sentiment d’absence

Etalé sur cette plaine d’eau ?

 

Ce matin, nous sommes à marée basse 

Les voiliers se sont couchés

Quartiers de lune tombés sur le rivage

 

A tenir la main de l’ombre

Nos yeux se sont assombris 

Pourtant il existe en nous un silence si fécond

Qui ne demande qu’à parler !

Sur la plage, j’ai dénoué toutes les paroles

Qui s’étaient emmêlées

 

Maintenant je parle si bas que seule la lumière peut m’entendre…

 

 

Et la mer entière traversera mon cœur 


 

 

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