Article : vers libres et vers réguliers

Publié par ericjacquelin

Arrêtons la bataille entre vers libre et vers réguliers ; certains font de l’alexandrins une fanfare dissonante et d’autres une musique intérieure, douce et harmonieuse ; certains travaillent le vers libre jusqu’à une abstraction incompréhensible et inaudible et d’autres savent qu’il est la vie, arythmique et surprenant, qui se déroule au fil des sentiments et des sensations.

Mais alors, me direz-vous, comment reconnaitre la poésie ?

Le vers est fondamental, ce versus en latin, qui est mouvement de la charrue au bout du champ, retour vers la terre à creuser, recommencement qui trace la ligne, le rythme, le sillon, la phrase…

Le champ est souvent rectangulaire, régulier, rigoureux, mais il prend aussi parfois des formes indéfinissables, espaces irréguliers, collines ou parcelles délimitées par des bosquets jamais identiques, où les rus, les ronces et les arbustes feuillus marquent les arrêts et les départs.
Pourquoi y-aurait-il un seul paysage ?

La France est faite de multiples panoramas, sa langue aussi, et celle qui est la plus profonde, la poésie, doit garder cette diversité qui est une loi essentielle de la vie.

Le vers libre existait avant les formes régulières, quand les mots et les sens se faisaient musique, corps et esprit qui chantaient au monde. Les trouvères et troubadours, trouveurs de la connaissance et du rapport à l’autre, instruits et créatifs, inventaient le rythme et découvraient l’amour et la nature, les fondations de notre art.

La poésie sera pleine et entière quand toutes ses branches auront compris qu’elles sont issues du même tronc, et donc de la même terre.

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